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Alain Cantarutti, président de la fédération française de pétanque et de jeu provençal, vient de boucler une visite de douze jours sur le Caillou, visite durant laquelle le dirigeant a pu mesurer l’état de santé de la boule calédonienne dans les trois provinces.
Alain Cantarutti (à droite) a profité de son séjour sur le Caillou pour remettre à Jean-Christian Lerandy, président de la ligue calédonienne, la médaille d’honneur de la FFPJP.
- Les Nouvelles calédoniennes : Votre visite sur le Caillou se termine… Quels en resteront les principaux enseignements ?
Alain Cantarutti : Tout d’abord, je retiendrai la bonne santé de la pétanque calédonienne. Une bonne santé qui, toutefois, ne tient au mérite que d’une poignée de personnes, au niveau de la ligue comme au niveau des clubs. Il y a donc encore des efforts à fournir pour structurer cette discipline, car on ne peut se reposer sur l’investissement de quelques personnes. La pétanque calédonienne doit renforcer son pôle de dirigeants. Elle a également besoin d’un agent de développement, c’est-à-dire un cadre technique qui guiderait le travail des bénévoles, qui formerait les forces vives. Mais je sais trop combien cette nécessité se confronte à des contraintes financières.
- La pratique, ne serait-ce que celle de loisirs, fait partie des plus populaires de la Calédonie. L’effectif licencié peut-il encore, malgré tout, s’étoffer ?
Assurément. C’est même la problématique essentielle sur laquelle les dirigeants doivent se pencher. Il y a un réel potentiel de développement du nombre de licenciés ici, et notamment à Nouméa et sur le Grand Nouméa. J’estime que l’on peut aisément y doubler le nombre de pratiquants (le Caillou compte actuellement 596 licenciés, NDLR) : on peut y jouer partout ! La mise en place du terrain de Païta doit également y contribuer.
- Moins de perspective d’évolution en Brousse ?
L’explosion démographique de la province Nord doit être exploitée par la pétanque. Nous devons nous structurer pour répondre à la demande qui se développera au rythme de cette croissance. Je tiens d’ailleurs à dire combien ma visite du boulodrome de Népoui restera un moment fort de mon séjour. L’investissement du dirigeant du club de Koumac, Alcide Leroy, est également remarquable. Le terrain de Poro (Houaïlou) demeure, quant à lui, le plus beau boulodrome que j’ai pu rencontrer dans cette région du monde.
- La Calédonie fait aujourd’hui figure de moteur de la pétanque océanienne. Une ouverture sur le continent que vous devez certainement encourager…
Bien entendu. La France est le pays leader de notre discipline et se doit d’agir comme tel. En Océanie, la Calédonie a pour mission de contribuer au développement international de la pétanque. Jean-Christian Lerandy, président de la ligue mais également de la confédération océanienne, réalise d’ailleurs un travail exceptionnel en ce sens. Son travail à Wallis-et-Futuna ainsi qu’au Vanuatu porte déjà ses fruits ; il faut désormais étendre ce travail aux autres pays, à commencer par la Papouasie - Nouvelle-Guinée, le pays hôte des prochains Jeux du Pacifique… Mais j’ai également conscience que les bons résultats de la pétanque calédonienne doivent être récompensés.
La Calédonie a remporté les derniers Oceania, épreuve qualificative au championnat du monde. Les trois premières nations s’y qualifient ainsi, mais pas la Calédonie, car celle-ci est placée sous l’égide de la fédération française. C’est injuste, et c’est un règlement qui, en plus, biaise la compétition. Soit on retire la Calédonie du tableau - et les pays éliminés par les joueurs du Caillou ne pourront plus se plaindre d’avoir été sortis des qualifications par un pays qui n’est pas concerné -, mais alors les Oceania seront voués à disparaître. Soit on accorde à la Calédonie, qui œuvre au quotidien à la tenue de ces Oceania, les mêmes droits et les mêmes enjeux que les autres pays participants.
- Et donc la participation au championnat du monde ?
On y pense. Je travaille en ce sens auprès de la fédération internationale, mais également auprès des grandes instances sportives nationales : ministère des sports, comité national olympique et sportif… Et le dossier est en bonne voie pour aboutir à une autorisation de participation au championnat du monde 2014. Pour le mondial 2012, qui se tiendra à Marseille en octobre prochain, c’est en revanche impossible. Mais la Calédonie peut toutefois encore espérer participer à cette même période au championnat des nations. La décision finale appartient à la fédération internationale.
article & photo - A-C les Nouvelles Calédoniennes
La saison 2012 sur le Caillou
Avant l’assemblée générale élective, qui clôturera le calendrier de la ligue calédonienne de pétanque, diverses échéances sportives attendent les pratiquants, à commencer bien entendu par les compétitions locales. Une incertitude plane cependant toujours quant au maintien des Oceania de pétanque à Wallis-et-Futuna cette année. « Une réunion de la confédération océanienne, prévue ce mois-ci au Vanuatu, déterminera si la compétition aura lieu ou non, développe Jean-Christian Lerandy, président de la ligue calédonienne et de la confédération océanienne. La date de la manifestation est d’ores et déjà fixée, mais la fédération internationale nous a demandé d’organiser nos Oceania sur les années sans championnat du monde (les années impaires). Or, Wallis-et-Futuna est bien entendu dans l’incapacité d’accueillir cet événement l’an prochain, puisque le territoire aura déjà à assurer la bonne tenue des Minijeux du Pacifique. » Autre question en attente de réponse, celle de la participation de la Calédonie au championnat des nations, du 3 au 7 octobre 2012 en marge du championnat du monde, dont la décision appartient à la seule fédération internationale. Outre ce calendrier international, la ligue entend, enfin, continuer de participer à six grandes échéances nationales : la coupe des Dom-Tom, ainsi que les championnats de France de triplette messieurs, de doublette dames, de doublette mixte, de tête à tête messieurs, et enfin de doublette messieurs, ultime tableau sur lequel la Calédonie avait brillé l’an passé. Elle y avait en effet atteint pour la première fois le stade des huitièmes de finale, grâce au talent de la paire Mathieu Spinouze - Ramon Chang Man Sao. |